Et si entreprendre n’impliquait plus de se sacrifier ?
Fin novembre, j’ai eu l’occasion de prendre la parole sur Vivacité, dans l’émission Bruxelles Matin, pour aborder un sujet encore trop peu visible dans le monde entrepreneurial : la possibilité d’entreprendre sans y laisser sa santé.
Dans une société où la vitesse, la performance et la comparaison sont devenues la norme, le slowpreneuriat propose une autre voie. Non pas une voie plus facile, mais une voie plus consciente, plus respectueuse des rythmes humains et du vivant.
Cette interview a été l’occasion de poser des mots simples sur une réalité partagée par de nombreuses entrepreneuses, souvent en silence, et de rappeler qu’il existe des alternatives à l’épuisement.
Écoute l'interview complète ici.
Le mythe de l’entrepreneuriat sacrificiel
« Il faut souffrir pour réussir »
Dans l’imaginaire collectif entrepreneurial, certaines croyances ont la vie dure :
travailler beaucoup, se sacrifier, suivre des méthodes toutes faites, faire “comme les autres”.
C’est exactement ce que j’ai tenté de faire à mes débuts. En bonne élève, j’ai appliqué ce que l’on m’avait présenté comme des recettes miracles… jusqu’au moment où je ne supportais plus mon propre projet. Pas un burn-out déclaré, mais un signal clair : quelque chose n’était plus aligné.
Ce vécu est loin d’être isolé. Il révèle surtout une chose : le problème n’est pas l’entrepreneuriat en soi, mais la manière dont on nous apprend à entreprendre .
Le slowpreneuriat : entreprendre autrement, pas moins sérieusement
Une approche issue du mouvement slow
Le slowpreneuriat s’inscrit dans la continuité des mouvements slow (slow food, slow cosmétique, slow travel).
Il ne s’agit pas de “faire moins” ou de “réussir moins”, mais de faire des choix plus justes.
Comme un produit labellisé slow cosmétique :
on ne se lave pas plus lentement,
on choisit simplement des ingrédients respectueux de sa peau, de la planète et des producteurs.
En entrepreneuriat, c’est la même chose :
👉 concevoir une activité qui respecte sa santé mentale, sa santé physique, ses valeurs et ses limites .
Réinventer son métier plutôt que s’y contraindre
L’exemple de la boulangerie qui ouvre à 15h
Le slowpreneuriat devient concret lorsqu’il invite à réinventer les règles du jeu.
Dans l’interview, je partage l’exemple d’un boulanger passionné… mais pas du matin.
Plutôt que de renoncer à son rêve, il a simplement déplacé les horaires : ouverture à 15h, pain frais en sortie de bureau, succès au rendez-vous.
Ce type de choix peut sembler marginal, mais il est profondément stratégique :
il aligne le modèle économique avec la personne qui le porte .
La Tribu Slow : un accompagnement sans injonction
Trouver sa propre recette
Dans la Tribu Slow, il n’y a ni méthode miracle ni modèle unique à reproduire.
L’accompagnement repose sur une idée simple : chacune doit pouvoir construire sa propre manière d’entreprendre, à son rythme, selon sa réalité.
C’est à la fois :
- un espace de soutien collectif
- un réseau professionnel bienveillant
- un cadre sécurisant pour poser des limites, revoir ses priorités, repenser son business model
Un travail reconnu notamment par le prix Women in Business 2024, mais surtout validé chaque jour par les femmes qui s’y autorisent enfin à respirer dans leur activité .
Pourquoi accompagner principalement les femmes ?
Sans généraliser ni enfermer dans des clichés, un constat revient souvent :
les femmes parlent plus ouvertement de leur épuisement et osent davantage demander du soutien.
Le slowpreneuriat n’est évidemment pas réservé aux femmes.
Mais créer un espace pensé pour elles permet de répondre à des réalités bien spécifiques : charge mentale, injonctions multiples, pression de la réussite “parfaite”.
C’est aussi une manière de prévenir plutôt que réparer, dès la conception même de l’activité professionnelle .
Prévenir l’épuisement dès la création du projet
Mettre des limites comme acte fondateur
Entreprendre reste exigeant. Le slowpreneuriat ne nie pas la difficulté.
Il propose simplement de ne pas ajouter du stress là où la vie en apporte déjà suffisamment.
Cela passe par :
- des horaires choisis consciemment
- des objectifs réalistes
- un business model compatible avec la santé
- une attention particulière à la santé mentale dès le départ
Un changement de regard encore peu intégré dans les dispositifs classiques d’accompagnement entrepreneurial, mais absolument essentiel aujourd’hui .
Questions d’introspection
- Quelles injonctions ai-je intégrées sans jamais les questionner ?
- Mon activité actuelle respecte-t-elle mon énergie réelle ?
- Qu’est-ce que je pourrais simplifier, adapter ou déplacer pour me sentir plus alignée ?
- À quoi ressemblerait une réussite qui inclut aussi ma santé ?
À retenir
- On peut entreprendre avec ambition sans s’épuiser
- Le slowpreneuriat n’est pas une fuite de la réussite, mais une redéfinition
- Prévenir l’épuisement commence dès la conception du projet
- Il existe des manières plus humaines, plus durables et plus joyeuses d’entreprendre
Envie d’aller plus loin ?
Si cette interview résonne pour toi, je t’invite à découvrir la Tribu Slow :
un espace pour entreprendre autrement, entourée, soutenue, sans pression inutile.
Parce qu’un projet professionnel peut être exigeant sans être destructeur.